La nouvelle Mise à Jour d'Irae : Reconquêtes, vient de sortir !
« Que l'Unique guide vos pas, voyageur. »
La Bibliothèque

L'homme qui s'occupait de ces rayonnages majestueux s'appelait Liberté, mais il est mort il y a plusieurs dizaines d'années. Depuis, les livres auraient pu être à l'abandon, mais un petit groupe de volontaires continue d'en écrire de temps en temps. Certains racontent même que plusieurs ailes de la Bibliothèque seraient cachées au public, invisibles derrières les murs à l'odeur de vieux papier.


La Bibliothèque est le Wiki d'Irae et de son univers. Sélectionnez un livre, une étagère, et commencez à lire pour vous imprégner de ces cultures, paysages, créatures et corps de métiers qui font la beauté de cet environnement fictif. Lire l'intégralité de la bibliothèque n'est pas nécessaire, aussi contentez-vous d'ouvrir les ouvrages dont le nom ou le sujet vous intéresse : vous êtes ici pour passer un moment agréable !
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Le Ratakaju Gedol, ou culte de l'Arbre Sacré

« Le Ratakaju Gedol », étagère Religion et croyances

Génèse
La faune d’Aestiantine est le résultat d’une sorte de compétition entre les dieux primordiaux, à celui d’entre eux qui créerait l’espèce la plus puissante, celle qui survivrait face aux autres, celle qui dominerait les autres. Contrairement à ces semblables optant pour des griffes et des crocs dans cette course à la pyramide alimentaire, notre dieu a créé les Hommes avec la discrétion et l’adaptation en tête. Ainsi, nous fûmes créés complètement silencieux, incapables de parole. Notre dieu était très heureux du résultat: nous étions presque impossibles à trouver pour les autres prédateurs, et nous continuions de nous développer sans trop d’interférence des autres créations, occupées qu’elles étaient à s’entredéchirer pour la dominance.

Notre dieu aimait à se promener sur Aestantine pour essayer de nous trouver dans nos cachettes pour observer nos progrès, lents mais continus.
Un jour, lors d’une de ces promenades, il trouva une de ses créations qui se comportait d’une manière des plus étranges: restant debout au milieu d’une clairière, au vu de tout le monde,le visage tourné vers un arbre immense, et dos à lui. Interloqué, Deviyane, notre dieu, voulu se rapprocher de cette création qui lui semblait particulière. Mais dès que le bruit de ses pas parvinrent à l’humain, ce dernier s’enfuit dans la direction opposée, disparaissant en un instant. Deviyane revint le jour suivant, mais encore une fois la création, qu’il avait nommé Ikmanïn en honneur de sa rapidité, s’enfuit à son approche.

Ce manège dura encore des semaines, jusqu’à ce que notre dieu eu l’idée de se cacher dans le grand arbre auprès duquel Ikmanïn venait toujours se poster. Il remarqua bien vite que nombre d’oiseaux nichaient dans cet arbre. Des rossignols, créations d’une divinité mineure ne participant pas à la compétition. Bientôt, sa création vint, comme à son habitude, se placer sous l’arbre, et dirigea son regard sur le feuillage. Pour la première fois Deviyane croisa son regard, deux yeux aux iris blancs, complètement aveugles. Il descendit de l’arbre le plus silencieusement possible, couvert par le bruit des rossignols, et s’approcha enfin suffisamment d'Ikmanïn pour lui prendre la main. Sa création sursauta violemment, mais il la calma rapidement avec ce contact, une communication silencieuse s’établissant entre eux.

Notre dieu compris alors que l’humain venait chaque jour pour écouter le chant des rossignols, ce qu’il trouvait de plus beau dans son monde plongé dans l’obscurité, et qu’il souhaitait plus que tout être capable de reproduire une telle beauté par lui-même. Dans sa grande bonté, et parce qu’il avait pris cette création imparfaite en affection, Deviyane se sépara d’un peu de son essence pour lui octroyer le don de parole, et lui enseigna le langage divin jusqu’à ce que le soleil eut disparu sous l’horizon. Ikmanïn était transporté de joie, et quitta alors le dieu pour retrouver ses semblables.

A la surprise de l’être divin, sa création revint encore au même endroit les jours suivants, malgré ce nouveau don, pour écouter encore les rossignols mais aussi pour converser avec lui. Des semaines, des mois passèrent, et jamais notre dieu ne manqua un seul de ces rendez-vous, ce qui fut remarqué chez les divinités mineures, qui se mirent à espionner les deux compagnons.

Un jour cependant, sa création se fit tardive, et Deviyane se mit à s’inquiéter fortement qu’elle se soit lassée de sa compagnie. Alors que le soir tombait, il se mit à la recherche de l’humain dont il s’était attaché avec le temps. Au bout de quelques heures de recherches, il trouva Ikmanïn à terre, couvert de sang, respirant toujours mais très peu. Une Aberration se trouvait à ses côtés, toute prête à finir le travail. De rage, Deviyane foudroya la bête, qui s’effondra immédiatement. Deviyane prit son précieux trésor dans ses bras, et l’emmena jusqu’à la clairière où il l’avait rencontré la première fois. Le chant des rossignols sembla redonner un peu de force à Ikmanïn, qui demanda une faveur à notre dieu, une dernière avant de mourir: qu’il veuille bien faire le même don au reste de l’humanité qu’à sa création imparfaite, qu’il accepte de donner à tous la parole. Il accepta sans hésiter une seconde,abandonnant sa voix au profit de l’humanité, chaque homme et chaque femme se voyant octroyé sa propre parole, son propre timbre, un tout nouveau moyen de communiquer, et demanda seulement encore quelques instants en échange, de retarder une fin dont il n’aurait jamais voulu entendre parler.

Les divinités secondaires qui s’étaient misent à espionner le couple les prirent en pitié, et voulurent faire quelque chose pour éviter la douleur de leur frère aîné et de sa création. Alors qu'Ikmanïn rendait son dernier souffle, il figèrent son enveloppe dans le bois, empêchant par là-même sa fin. Une fois cela fait, les dieux secondaires figèrent également notre dieu, devenu muet, dans le même bois qu'Ikmanïn, les fusionnant ainsi ensemble.

Ils forment aujourd’hui l’arbre que nous connaissons tous, l’arbre sacré. Et tandis que nos chants aident Ikmanïn à se rétablir peu à peu, à retrouver ses forces et à s’éloigner de la mort pour un jour rejoindre les dieux, notre propre sacrifice rend chaque jour un peu plus la parole à notre dieu, le débarrassant du fardeau de la voix de l’humanité.


L'Ekata et ses dirigeants
L’Ekata, ou corps religieux de métier lié à la religion du Ratakaju Gedol, est composé de trois “castes” ayant toutes une importance équivalente mais des rôles bien définis:

-Les Orateurs, ou gardiens de la beauté du langage, sont des personnes passées maîtres dans le maniement des mots. Ce sont de grands argumentateurs, délivrant des discours à la fois convaincant par la force de leurs idées et prenants par la tournure de leurs phrases portant un monde d’émotions qui opèrent un véritable rapt sur leurs auditeurs. Ils forment le plus grand pourcentage de membres parmi les hauts dirigeants du culte, leurs paroles éclairant les foules et leurs semblables de l’Ekata.

-Les Chanteurs, ou gardiens de la beauté de la voix, sont des personnes ayant été choisies pour la pureté de leur timbre et la tessiture cristalline de leur voix. Ils sont connus pour leurs performances capables de porter n’importe qui aux larmes ou transporter le plus grincheux des bourrus dans un lieu de calme et de bien-être profond. Ne se produisant jamais avec aucun instrument, ils tirent également leur puissance des textes écrits pour eux par des Orateurs talentueux ayant aussi une oreille musicale.

-Les Experts, ou gardiens de l’histoire de la langue, sont des linguistes qui étudient toute leur vie les langages de tout Aestantine, leur évolution mais surtout leurs racines, pour enfin revenir à leur racine primaire: le langage divin. Par recroisement des étymologies des mots de chacune de ces langues, ils déterrent un à un les mots du vocabulaire divin, ou du moins d'extrêmement proches approximations, qu’ils consignent ensuite dans un dictionnaire exposé aux yeux du public. Chacun des membres de cette “caste” est capable de se débrouiller avec aise dans une dizaine de langages, et de s’en sortir plus ou moins bien dans une trentaine.

Les dirigeants de l’Ekata proviennent chacun d’une de ses trois “castes”. Leur rôle est de guider les fidèles et le corps religieux au quotidien mais surtout en situation de crise, ou lorsque l’époque appelle à l’adaptation du culte à la modernité. Ils ont aussi pour rôle de juger les plus hautes offenses faites au culte, à Deviyane et au cadeau qu’il a fait à l’humanité. Ils se réunissent au moins une fois tous les six mois en assemblée entière dans leur salle du Sanctuaire principal pour parler des grandes décisions à prendre, et le font également en cas de crise vitale au sein du culte de Ratakaju Gedol.
Le reste du temps, il n’est pas étonnant qu’ils parcourent Aestantine à la rencontre des fidèles, répandant la beauté du cadeau offert par Deviyane pour les Chanteurs et Orateurs, et recherchant toujours plus de documents utiles pour les Experts.


Le sanctuaire principal

L'arbre sacré
Grand if de plusieurs milliers d’années et d’environ 10 mètres de diamètre, il serait le repos éternel d’Ikmanïn et de Deviyane selon la légende. Il est d’ailleurs habité de nombres de rossignols, les oiseaux le baignant dans une mélodie continue.
L’if s’est brisé sous son propre poid, créant une cavité en son sein suffisamment grande et haute pour qu’on s’y tienne debout sans problème. Une fontaine y a d’ailleurs été installée, approvisionnée par le cours d’eau souterrain qui passe dans le Piliræv. L’eau qui coule dans le bassin résonne dans le tronc, créant une sorte de chant minéral.
Entre la fontaine, les oiseaux, et les occasionnels chants en son honneur, l’arbre n’est jamais plongé dans le silence; à tel point qu’une superstition s’est propagée parmi les fidèles. Selon elle, le jour où le silence s’abattra sur l’arbre, il s’abattra également sur Aestantine entière, un silence pesant et annonciateur de mort et de destruction.

Le Piliræv et le cloitre

Le Piliræv
Le bâtiment de culte s'étale sur deux étages. Le premier étage, celui au niveau du sol, est utilisé pour les célébrations en l'honneur de Deviyane. Les chanteurs se placent sur la scène centrale dos les uns aux autres pour que tous ceux sur les estrades et autres gradins faisant le tour de la pièce puissent les entendre aisément. L’architecture intérieure est épurée pour permettre au son de rebondir sur les parois, donnant l’impression aux fidèles d’être baignés dans la voix commune du chœur. Le seul élément remarquable est un vitrail qui s’étend sur presque toute la longueur d’un des murs de la bâtisse, représentant la fusion d’Ikmanïn et Deviyane.
Le second étage est en fait un sous-sol, auquel on accède par un des escaliers longeant le vitrail. Il est, paradoxalement, bien plus haut de plafond que l’étage précédent, ressemblant à une grotte profonde, maintenue par d’énormes piliers qui ont été complètement polis. Le cours d’eau qui approvisionne la fontaine y passe calmement dans un lit creusé par la main de l’Homme. L’endroit est éclairé par des briques runées encastrées dans les parois et le plafond qui diffusent une lumière bleutée donnant à l’endroit une atmosphère éthérée. Mais ce qui intéresse les fidèles venus se recueillir, ce sont les énormes racines de l’arbre sacré, qui crèvent les murs et le sol, les lézardant de fissures. C’est ici que la plupart des adeptes viennent présenter leurs offrandes en remerciement à Deviyane pour les avoir créés et à Ikmanïn pour s’être sacrifié pour eux, et que les cendres des défunts sont déposées.

Le cloître
L’arbre sacré était, à une époque, complètement accessible au public dans les jardins du Sanctuaire. Seulement, il est dit qu’il y a plusieurs dizaines d’années, profitant du couvert de la nuit, un fanatique a tenté de l’abattre à coup de hache. Dès la première entaille, un cri strident a émané de l’arbre, gagnant en décibels et en aigu au fur et à mesure des coups, jusqu’à en devenir insupportable pour tous, même pour le-dit fanatique, qui abandonna sa hache encore plantée dans le bois. Il se mit ensuite en tête de brûler complètement l’arbre, mais fut heureusement arrêté par les résidents, réveillés par les cris de l’arbre, avant qu’il puisse faire cette tentative. L’arbre s’est ensuite progressivement tut, mais recommença ses cris dès que quelqu’un toucha à la hache. Elle est donc toujours là, plantée dans le bois. L’arbre a cependant été entouré d’un cloître et est, depuis ce jour, gardé de jour comme de nuit pour éviter qu’un tel évènement se reproduise.

La bibliothèque du langage
Les haut responsables de ce culte ont sous bonne garde un grand nombre de documents qui retracent l’évolution de presque toutes les langues des peuples d’Aestantine, certains tellement vieux qu’ils en seraient presque à tomber en poussière. Des Experts sont rattachés à cette bibliothèque et cherchent, au travers de l’étude de tous ces langages, à retrouver le langage qui les a tous précédés, celui qui les a tous engendrés, le langage divin de Deviyane. Un dictionnaire faisant liste des mots qu’ils réussissent à découvrir au fur et à mesure de comparaisons étymologiques est exposé en plein centre de la bibliothèque. Seuls lesdits experts peuvent y accéder, ainsi que les plus hauts dirigeants du culte.
Le reste des documents, à l’exception de ceux trop fragiles, sont accessibles au public, et certains des gérants proposent même des cours quant au savoir qu’ils renferment.

Les quartiers des membres de l’Ekata
Ce lieu de vie est plutôt simple, associant chambres, cuisines, salle commune et salle d’eau. Sa seule particularité est sa salle de tintement, comme les résidents aiment à l’appeler, où les chanteurs parmis eux vont s’exercer avant les célébrations ou seulement pour maintenir leur niveau. Une horloge runée y émet un tintement régulier, fournissant un tempo à quiconque est dans la salle, accéléré ou décéléré par simple échange d’éther.
Les nouveaux membres de l’Ekata, qu’ils soient de futurs Orateurs, Chanteurs ou Experts, peuvent valider la majorité de leur cursus dans n’importe lequel des sanctuaires du culte, mais devront toujours passer au moins la dernière année de leur formation dans le sanctuaire principal, rendant les bâtiments toujours foisonnant d'activité. Les futurs Experts auront alors accès aux recherches de leurs aînés, les futurs Chanteurs accès à la salle de tintement et les futurs Orateurs pourront assister aux réunions décisionnelles des hauts dirigeants du culte et à leurs débats.

La volière
Malgré le fait que ce ne soit qu’une superstition, les membres de l'Ekata n’ont voulu prendre aucun risque et ont pris des dispositions pour que l’arbre sacré ne soit jamais plongé dans le silence. L’une d’elles est de toujours avoir des rossignols sous la main, de même qu’une multitude d’oiseaux d’autres espèces. Ces oiseaux sont élevés et entraînés dans la volière du sanctuaire.


Rites

Entrée dans le culte
Celle-ci ne peut se faire que lorsque l’enfant est capable d’une parole cohérente. Lors de la cérémonie en elle même, le nouveau fidèle s’engage, au travers d’un serment, à respecter le cadeau fait à l’humanité par Deviyane et à le faire retentir aux quatre coins d’Aestantine. Son buthadïn lui est alors remis, sorte de talisman fabriqué à partir d’écorce d’if et de plumes de rossignol, garant de son appartenance officielle au culte. Un buthadïn est très personnel, et les fidèles les gardent précieusement.
La plupart des entrées dans le culte se font par groupe. Lors d’un tel évènement, une graine, sorte de noix ou d’arachide, est également confiée aux nouveaux convertis. Ils doivent la planter à un endroit qui compte pour eux, la plupart choisissant leur propre jardin, dans l’espoir qu’un arbre majestueux se développe.

Châtiments/sortie du culte
Toutes les fautes ne sont pas traitées de la même manière, la plupart faisant seulement l’objet d’un serment de la part d’un Orateur.
Cependant, pour les fautes les plus graves, il existe deux possibles châtiments:
-L’excommunion, qui est signifiée par la confiscation du buthadïn. Le nom de l’ex-membre est alors noté sur un registre et la sentence lui est expliquée, de même que les raisons qui l’ont amenée, devant une assemblée d’au moins dix témoins.
-La "confiscation du cadeau divin" comme il est cité dans les textes, revient en fait à couper la langue du fautif, l’empêchant ainsi de faire usage du langage. Ce châtiment n’est presque jamais donné, à peine un cas tous les cinquante ans, mais toujours doublé d’une excommunion. Une telle sentence est prononcée uniquement en cas de délits tout simplement odieux. Le fanatique s’étant attaqué à l’arbre sacré est l’un des rares auxquels on ait retiré le privilège de la parole.

Unions
Lors de l’union de deux membres du culte, une cérémonie est organisée lors de laquelle les deux tourtereaux échangent leurs buthadïns devant un Orateur, qui leur fera un discours sur la vie commune à laquelle ils s’engagent, comparant souvent une telle union à la fusion d’Ikmanïn et Deviyane. Une fête a le plus souvent lieu ensuite, mais elle ne fait pas partie intégrante du rituel et dépend des préférences du couple.

Deuil/rituel funéraire
Le défunt est incinéré, et ses cendres sont soigneusement collectées. Ses proches font alors un pèlerinage jusqu’au sanctuaire principal pour déverser lesdites cendres dans le cours d’eau sous le Piliræv. Ainsi, le corps du défunt peut rejoindre ceux figés dans le bois d’Ikmanïn et Deviyane en remontant les racines de l’arbre sacré.

Hommages/pratique au quotidien
Les fidèles ont à disposition un éventail toujours plus large de chants et prières, qu’ils peuvent psalmodier tout leur saoul, sans que ça leur soit obligatoire pour autant. Il leur est cependant fortement conseillé de participer aux célébrations “officielles” ayant lieu dans les diverses sanctuaires de la planète, qui se limitent parfois à une place au pied d’un arbre gigantesque, où les chants sont interprétés par des Chanteurs, et où un Orateur leur conte la création de l’espèce humaine et leur rappelle leur devoir de surpasser les créations des autres dieux.


Culture/vision de la société

Le but de l’individu
L’objectif final de l’Homme est de permettre à l’humanité de surpasser les créations des dieux primordiaux autres que Deviyane, pour qu’Aestantine soit définitivement leur planète. Ainsi, l’individu sert avant tout la communauté, et plus précisément les générations futures qui verront, un jour, la planète comme leur havre de paix, à l’abri des prédateurs créés par d’autres dieux.

Le genre
Le dieu humain étant une entité qui est au dessus du concept de genre, et celui d’Ikmanïn n’étant nulle part cité dans les textes sacrés, il n’y a aucun préjugé sur les hommes et les femmes. De même, les unions peuvent se faire entre deux individus de même sexe comme de sexe opposé sans distinction.
Pour ce qui est des genres qui sortent du modèle binaire, ils sont également acceptés, bien que toujours vus comme une curiosité. En effet, l’Ekata n’a toujours pas trouvé de raison « logique », c’est-à-dire en lien avec leurs croyances, pour expliquer le phénomène. Certains Orateurs ont proposé des réflexions sur le sujet au travers de leurs discours, mais aucune qui puisse faire l’unanimité. Aussi, les sujets ne collant pas à la vision binaire sont considérés comme une particularité naturelle, mais une particularité tout de même.

Les Aberrations
Les Aberrations sont considérées comme les concurrents les plus féroces de l’humanité dans la compétition entre les créations des dieux. Dans cette optique, pour la victoire de l’humanité, elles doivent être écrasées voire détruites pour que Deviyane triomphe sur Nivaradi (dieu primordial créateur des Aberrations).

La mort, et ce qui la suit
À sa mort, l’Homme se sépare de son enveloppe corporelle, qui est la seule à vraiment mourir. Cette dernière doit alors être amenée auprès de l’arbre sacré, pour que l’étincelle de vie, l’âme du défunt en quelque sorte, puisse s’en détacher. Une fois que l’étincelle de vie a quitté l’enveloppe, elle est libre de choisir un hôte parmi les enfants à naître. Elle deviendra alors la voix de cet hôte, son moyen de communication, poursuivant l’œuvre de Deviyane, et rendant un peu de sa voix au dieu par la même occasion. Si le défunt fut un exemple remarquable, alors son destin peut être autre.
Cependant, si le corps n’est pas retourné à l’arbre, l’étincelle s’éteindra au fur et à mesure de la disparition du corps, jusqu’à n’être que néant.

Le cas des muets
Lorsqu’un individu devient muet au cours de sa vie, en étant né doué de parole, il est dit qu’il n’a pas été jugé digne du cadeau de notre dieu et qu’il en a été privé.
Ceux étant muets de naissance cependant ont droit à une interprétation toute autre. Ils seraient la réincarnation des membres les plus propices à la victoire de l’humanité, ces-derniers ayant alors droit à une seconde vie sur terre pour assurer notre domination. Leur incapacité à parler est alors expliquée par le fait que, une étincelle de vie d’un défunt se trouvant déjà dans le corps, il ne peut en avoir une seconde qui lui serve de voix, d’où son silence.


L'enseignement
Les religieux proposent pour un prix extrêmement modeste de donner des cours dans les villes où se trouve un sanctuaire. Cet enseignement est réputé être l’enseignement des pauvres, ou du moins de ceux qui souhaitent être instruits mais manquent d’argent pour embaucher un tuteur personnel. Malgré tout, cela reste la deuxième source de revenus pour l’Ekata, juste après les dons donnés librement par les fidèles.
Le but premier de cette démarche est d’ouvrir l’esprit de la jeunesse à la beauté de la voix et du langage afin d’étendre la religion de l’Arbre Sacré.
Le second but est d’essayer de recruter de nouveaux membres de l’Ekata parmis les élèves les plus prometteurs de ces cours.
Les cours disponibles, bien qu’ils changent quelque peu selon les villes où ils ont lieu, tournent autour de deux sujets en particulier:
-Les cours de chant, axés sur la voix sans aucun instrument pour l’accompagner, et donnés par un Chanteur. Les chœurs participent aux célébrations de la ville, les meilleurs décrochant quelques solos.
-Les cours de débat, ou du moins d’aisance à l’oral, pour éveiller la jeunesse à la beauté du langage. Un Orateur apprend à ses élèves à transporter leur auditoire au travers d’un alliage de mots qui approcherait au plus la perfection.